Serpente

L’été me cueille au creux de l’estomac. Sous le soleil au règne retrouvé je suffoque ; titube et erre tandis qu’ils l’accueillent à bras ouverts. Eux, sourires et verre fumée. Robes en volutes et jambes tendues sous les tables chargées de temps passé après une journée de travail.

À chaque fin de juin, je m’étiole. Chimique. Déficit en H²O. À chaque fin de juin mon pouvoir disparaît, tandis que je vois au soleil des vies se déployer. A chaque fin de juin, s’amenuiser.

« Tu viens, on marche vers la Seine ? »

Le ciel se mauve tandis que nous gravissons les marches de la Plus Grande Bibliothèque. C’est un ami, il n’a pas très bien compris pourquoi je ne suis pas rentré après que nous ayions partagé un beau moment d’été. C’est un ami, il m’a proposé de remonter vers l’eau blessée de Paris, sa ville, la mienne.

Et sur la vaste terrasse que nous traversons, celle où il y a toujours moins de bruit qu’ailleurs, celle mille fois traversée en compagnie de C., j’aperçois un minuscule morceau de mars. Quand le soleil ne brillait pas tant. « On fait toujours cette promenade. » me dit l’ami, et un grand réconfort m’envahit.

Le long de la Seine nous errons, et nos mots s’egrènent, s’égouttent. Nous ramassons de petits bouts de souvenirs en miroir sous un Paris au sombre rendu. Pour que peu à peu mes contours se dessinnent tandis que Serpente le fleuve, l’été réapprivoisé.

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