Dégoût

C’est la veille de la rentrée, je tombe là-dessus et je ris de ce rire cristallin de tapir asmathique qui est le mien (et oui il faut cliquer).

C’est le jour de la rentrée. Et puis je me demande après tout, c’est vrai, qu’est-ce qui différencie ces gamins de ces gamins de Glee ? (Hormis le fait qu’il n’ont pas vingt-cinq balais, nous sommes bien d’accord). C’est comme à chaque fois. Je suis à côté de ma porte, j’attends les premiers élèves du trimestre. Cette fois-ci, tout ira bien. Il n’y aura plus ni conflit ni problèmes. Pourquoi devrait-il y en avoir après tout ? Ça n’est jamais qu’une histoire d’incompréhension lorsque ça arrive. Et il ne tient qu’à nous, les adultes de…

Et là, je croise le premier regard. Une petite nana en blouson bleu et bottines.

Et je me rappelle. Ce que ma mémoire vide consciencieusement à chaque vacances. Chaque week-end, presque.

C’est cet air dégoûté. Qu’on ne reproduira jamais dans les romans, films, séries, ou même documentaires, parce que ce serait terrifiant. Dans la pupille – pas de tous, mais de tant – il y a ce rejet.
J’attends sur le pas de la porte et tout me semble lourd, mais lourd. C’est vrai je me souviens. Comme à chaque retour. Il faudra batailler. Pour les faire entrer, pour les faire s’asseoir, pour leur donner les premières explications, pour éveiller leur curiosité, pour leur expliquer pour les rassurer, pour les faire patienter, pour qu’ils disent bonjour, pour qu’ils disent au revoir. Tout passe par le filtre de ce dégoût qui transforme nos jolies illusions en boue sale. De temps en temps un mot, une heure, un cours passera, intact, avec tout l’enthousiasme qu’on y a insufflé intact. Ce ne sera jamais qu’une exception ou une bataille remportée de haute lutte.

Pas tous, mais tant. Qu’est-ce qui se plante dans leur pupille au collège ? L’ennui ? La résignation ? Ou tout simplement, ce besoin de faire comme les autres ? Il n’y aurait pas ce dégoût, tout serait limpide.

Je suis sur le pas de la porte, ils arrivent, les premiers. J’entonne les premiers bonjours, tous différents, certains enthousiastes, d’autres personnalisés (Lukas adore que je l’appelle « damoiseau » lorsqu’il franchit le seuil), d’autres beaucoup plus discrets, histoire d’éviter les premiers conflits. Les premières escarmouches contre ce truc.

Il y avait dans X-Files cette huile noire qui recouvrait l’oeil de sa victime et en faisait une poupée d’une quelconque conspiration extra-terrestre. Peut-être, peut-être Scully, qu’elle colonise les collégiens avant tout le monde.

Ou bien peut-être que ce sont les éclaboussures du réel.

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Une réflexion sur “Dégoût

  1. Les éclaboussures du réel …et 50 mn pour faire une lessive, un séchage et une réimpression… on serait pas un peu magicien finalement ? 😉

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