Monsieur le président

Monsieur le président,

En ces temps troublés où vous parcourez le pays et les assemblées pour redonner courage et confiance en votre action, j’aimerais vous faire part du malaise qui me tourmente, moi, simple professeur de collège de banlieue parisienne.

Vous avez récemment mis en exergue la liberté de conscience de ces serviteurs de l’état que sont les maires. Ceux-ci pourraient en effet refuser de célébrer certains mariages estimés choquants pour eux et déléguer cette responsabilité peu reluisante à leurs adjoints. Serviteur de l’état moi-même, je dois vous avouer que ma liberté de conscience est fort malmenée actuellement et vous informe que j’ai pris sur moi d’adopter les mesures suivantes pour la préserver :

– J’ai toujours considéré la mixité dans les écoles comme un danger majeur pour notre société. C’est à la fondation même de celle-ci que l’on s’attaque. Au nom de ma liberté de conscience, je ne peux donc plus assumer la présence d’élèves filles dans mes classes. Le savoir que je transmets n’est pas transposable au sexe féminin, ce n’est tout simplement pas naturel. Désormais, je déléguerai leur éducation à un collègue ou un assistant d’éducation lorsqu’il aura le temps.

– Dans le même ordre d’idée, accueillir dans mon cours des enfants d’immigrés me pose problème. Pas par racisme bien entendu, vous pensez bien ! Mais notre société, déjà bien fragilisée, ne peut tout simplement plus assumer cette intégration. Ma conscience me dicte donc de n’enseigner qu’aux français de souche. Je sais, mes classes se composeront en moyenne de huit élèves mais que voulez-vous, on ne transige pas avec sa conscience.

– Sur ces huit élèves, il est avéré que deux d’entre eux – deux garçons – ont l’un pour l’autre des sentiments que ma liberté de conscience réprouve. Il me faut donc refuser la prise en charge de leur éducation, la simple pensée de leurs relations extra-scolaires me glace. Ne vous inquiétez pas, d’autres professeurs trouveront bien le moyen de les accueillir.

En vous remerciant de permettre à chaque citoyen français de s’épanouir dans le respect de sa conscience et de sa dignité, je vous remercie d’agréer, monsieur le président, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Olive Samovar

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