Mass effect 3 : extended cut (with diapositives inside)

Là, je m’excuse. Billet d’initiés, quelques-un attendront à la porte, je m’en excuse.

Mais là j’ai les glandes.

Il y a quelques mois, naît donc la fameuse polémique « fin de Mass Effect 3 ». L’Internet du monde s’enflamme, avec ce que ça implique de photos de chatons rigolols et de parodies de scènes de La Chute.

Je dois avouer que la polémique m’avait laissé pantois. Bien qu’un peu paresseuse, la fin des aventures du commandant Shepard ne me paraissait pas plus scandaleuse que beaucoup de conclusions de jeux vidéos. Je devais être l’un des seuls à penser ça, avec un vieil ermite du Larzac, parce que devant le baroud des « fans » qui n’ont jamais mieux porté leur diminutif, Bioware a sorti en catastrophe un DLC destiné à rattraper la sauce.

Je ne polémiquerai pas, je l’ai déjà fait dans un billet précédent. Je me contenterai de rappeler que je trouve ce chantage très impoli. Quand on est déçu par une oeuvre, on ne pleurniche pas. On réagit de façon mature en déversant sa bile sur Internet, ça sert à ça.

Passons.

Arrive donc le fameux DLC « Extended Cut » (« coupure étendue » ?). D’après les réactions diverses que j’ai pu lire, les joueurs ont retrouvé le sourire, viennent réparer les portes blindés tordues chez Bioware et tout le monde se pardonne, c’est beau. Tout va bien.

Si l’on excepte ma crise d’épilepsie devant le machin.

Pour ceux qui n’ont pas encore mis la main sur ce contenu téléchargeable, « Extended cut » se compose de quelques minutes de narration et de plans fixes montrant la galaxie en train de se reconstruire après la défaite des Reapers. Ah oui, et aussi d’une scènette où tout le monde commémore la mémoire de Shepard, et allez donc, c’est bien triste.

Et c’est tout.

C’est tout et tout le monde est en train d’applaudir. D’applaudir devant ce truc. « Mass effect 3 : extended cut », je le connaissais avant sa sortie. Parce que toutes les scènes qu’il renferme, je les avais déjà vécues. Imaginées. Parce que « Mass effect 3 : extended cut », passe une dizaine de minutes à enfoncer des portes ouvertes.

Est-il besoin de souligner que, oui, les peuples qu’on a passé des dizaines d’heures à réconcilier dans le jeu s’entendent désormais bien ? Que les compagnons qui nous ont suivi dans les tréfonds de la galaxie par pur attachement sont anéantis par la disparition de leur leader ?
Lorsque je me lance dans une fiction, quelle qu’elle soit, s’opère un processus qui me semblait jusque là évident. Pour peu que l’histoire soit un minimum cohérente et resserrée, l’imagination comble les ellipses. Invente quelques détails. Déduit des émotions. Et plus encore dans des cycles. Ces tas de pixels qui s’accrochent à mes basques me sont devenus familiers et la joie mêlée de tristesse d’EDI n’a nul besoin de m’être servie en contenue téléchargeable.

J’avais cru l’indignation des gueulards de Mass Effect née d’une fin insatisfaisante. En contradiction avec l’histoire qu’ils avaient vécu. Mais ils n’ont même pas l’excuse de la trahison. Il fallait uniquement que l’on explique. Que l’on montre. Si le Prince et la Princesse se marient, vivent heureux et ont beaucoup d’enfants, alors exigeons la cérémonie du mariage en Dolby et la nuit de noce en crypté sur Canal ! (Tchiki bawa).
Les larmes de Liara, la peine de Kaidan dévoilées, c’est du voyeurisme. C’est laid et inutile. Et ça trahit vingt fois plus cette fiction patiemment construite à laquelle des milliers de personnes ont participées. Ces fantômes en qui on avait cru.

J’ai les glandes. Parce que cette chose téléchargeable sonne comme une défaite de la fiction. Un coup de canif à l’intelligence de l’imagination. Et que tout le monde en demande béatement davantage.

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