He wanna be loved by you… poupoupidou.

Les enfants, il va falloir être forts. Aujourd’hui, nous allons parler d’elle

(jusqu’ici ça va)

et de lui

Si si, sous les sourcils. Aaaah. Vos hurlements d’angoisse sont éloquents. Aujourd’hui, on va parler Monroe Pattinson. Et aussi féminisme un peu.

Tout ça c’est arrivé un peu au hasard. Avec G., on va voir Cosmopolis au cinéma. Avec Robert Pattinson donc. Pour ceux qui ne connaissent pas le machin, le gandin s’est d’abord fait connaître dans les adaptation cinématographiques de la série de bouquins Twilight (qui a réussi l’exploit de rabaisser le niveau des romans), ce qui fait qu’il ne peut plus approcher une adolescente sans que celle-ci ne se mettre à produire des sons à la limite de l’audible tout en multipliant des propositions vachement limites pour une gamine de son âge.

Là, le garçon essaye de changer un peu d’image parce que bon, c’est pas tout ça mais on vieillit et donc, il joue dans un film de Cronenberg, cool hype, tralala. Tout en épongeant les hectolitres de bave émises par G., je me fais la réflexion que j’observe ce film comme un aquarium de cinquante litres. Je ne ressens absolument  rien. L’image est splendide, le boulot sur le son aussi. Le concept est simple et efficace. Je ne ressens rien et pourtant j’ai la conviction que je viens de voir un film important. J’ai la sensation diffuse que même si la prestation de Pattinson est convaincante, il ne pige pas le quart d’une virgule à son texte. G. m’accuse d’être jaloux d’abord. Diverses interviews du bellâtre confirment mon propos, je fais ma petite danse de « je te l’avais dit » et les choses pourraient en rester là.

Sauf que. Sauf que quelques jours plus tard, dans une émission dont la décence m’interdit d’évoquer le nom, on interviewe une nana à la mâchoire impressionnante. Elle a écrit une biographie de Marilyn Monroe. L’animateur lui demande qui serait la Marilyn actuelle. La nana baisse les yeux, bafouille presque et finit par répondre « Robert Pattinson ». G. renchérit en commentant « Je ne suis pas forcément d’accord avec elle, mais les belles stars d’aujourd’hui, ce sont des hommes. »

Et c’est là que ça m’a frappé. Je ne savais pas trop comment le formuler – c’est pour ça que j’écris ce billet – mais je pense que je le peux à présent.

La beauté faisait peur aux hommes.

Attention. Je ne dis pas qu’il n’y avait pas d’hommes beaux. Mais cette beauté n’était pas mise en avant. Ce qui comptait, pour les hommes, c’était le charme, l’assurance, le charisme. Pour s’en convaincre, rien de tel que le film d’Autant en emporte le vent. Scarlet O’Hara est splendide. Rhett Butler a du chien. Ce n’est pas l’inverse. Les hommes pendant un sacré paquet de temps ont du chic, de l’allant, du chien, du charme, de la séduction.

Les hommes ne sont pas beaux.

Alors la beauté, fidèle à son genre, est investie par les femme. Test simple : les recherches d’image « beauté » de Gogole sont en immense majorité trustées par les femmes. On a le droit à des femmes radieuses, splendides, épanouies, ravissantes. Un homme ravissant ça ne se dit pas, ça se dit peu. Ou alors pour rire, pour se moquer, parce qu’il est un peu, voilà, comme ça, vous voyez. Marilyn est ravissante, le terme est même presque trop anodin pour elle. Je me demande pourquoi.

Peut-être parce qu’être beau, c’est être objet de désir. C’est risquer de se retrouver en position de proie. Pas forcément à travers un risque de violence physique, non. Mais quelqu’un de beau peut devenir fantasme de tout un chacun, fantasme sans aucune limite. Imaginer Rhett Butler tout nu, c’est pire qu’irrespectueux, c’est ridicule. Scarlet O’Hara pourquoi pas. Et peut-être, juste peut-être que les « stars » dont on admire le plus la beauté sont celles qui le savent. Et qui ne semblent pas s’en offusquer. Peut-être était-ce, pendant longtemps, de la fierté mal placée de la part des hommes. Surtout ne pas donner son image en pâture. Ne pas se retrouver en position de faiblesse, poupée dans l’esprit d’un inconnu. La beauté est d’une vulnérabilité folle et il faut beaucoup d’intelligence pour savoir en jouer. (pop pop j’ai casé beauté et intelligence dans une même phrase, sans un seul mot de négation, je suis fier.) Il n’y a guère qu’un James Dean ou Brando dans Un tramway nommé désir pour accepter la beauté.

Les temps changent.

Je ne sais pas à quoi c’est du. J’ai quelques idées, mais je crois qu’elles sont trop superficielles, pas assez développées : l’avancée de l’égalité homme-femme, l’évolution de la société de l’image, l’émergence de communautés homosexuelles moins coincées sur ce plan. Aujourd’hui les hommes investissent la beauté, se font eux aussi égérie, offrande au public, sans le sourire cynique qui indique la distance, ou l’aréopage de groupies hystériques, tellement grotesques qu’elles font de la vedette une caricature. Les icônes sont de plus en plus mâles. Comme c’est encore nouveau, ça se remarque plus. Le sourire de Marilyn est en noir et blanc, celui de Jude Law en couleurs. En cassant son image de vampire élevé au tofu, peut-être que c’est ce qu’il a voulu faire, Pattinson. Accéder à la beauté.

Et je trouve ça vachement bien.

Vachement vachement bien. Surtout que personne ou presque n’y trouve à y redire. Alors juste une dernière petite question : si dans ce sens-là, la parité se fait presque naturellement, pourquoi c’est tellement plus compliqué, lorsque ce sont les femmes, qui explorent des rivages qui leurs sont moins familiers ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s