Une madeleine au barbecue

Si tu as moins de trente-cinq ans et que tu possèdes un ordinateur depuis plus d’une dizaine d’années, tu es forcément au courant.

Si ça n’est pas le cas mais que tu vis avec quelqu’un de la catégorie sus-citée, tu es au courant.

Que c’est sorti.

Ce billet n’a pas vocation à parler du jeu en lui-même, ou d’agonir Blizzard, son éditeur, d’injures (oh oh Blizzard, qui sort quelques jeux pas top, avec une politique commerciale gerbante et qui fait que nous nous roulons aux pieds de tes autels, la bave aux lèvres, en hurlant encore).

Non, ce billet part d’un constat simple. Il paraît que Diablo III est le jeu le plus rapidement vendu de tous les temps, il doit donc concerner pas mal de monde. Des tas d’aventuriers pour un paquet d’heures qui ont bravé des légions baveuses pour aller trucider le fils illégitime d’Hellboy et d’un porc-épique.
Alors, aventurier… C’est quoi pour toi, Diablo ?

Diablo I : Une voix dans la tête

Je l’ai acheté en prépa. En prépa j’ai dépensé un fric monstre dans des conneries, pour la première fois, les vannes financières ouvertes. Donc Diablo, acheté dans une frénésie vidéoludique.
Je descends, seul le soir, couloirs sombres sur couloirs sombres. Je suis une archère qui n’a peur de rien, mais le souffle court, un peu. Alors, tout seul dans le noir, je me raconte des histoires. Pourquoi, comment elle est arrivée là, celle dont je n’entends que deux trois phrases et les cris d’agonies quand je meurs, je ne suis pas doué, je meurs beaucoup. Ce que je ne sais pas encore c’est que trois mois plus tard, je commencerai à écrire des histoires. Mais chut. Pour le moment, les mots résonnent dans ma tête, à tel point que la descente vers le plus profond des enfers se fait moins sombre.

Diablo premier du nom, c’est aussi mon entrée dans la vie sociale. Il y en a un, puis plusieurs, qui me repèrent. Enrôlé dans une petite armée geek – le mot qui n’existait pas encore – je charrie ma tour d’ordinateur de quelques kilos entre le Finistère et les Côtes d’Armor pour aller affronter le mal pixelé à plusieurs.

Diablo II : Les liens

Les autres se sont dispersés, ici et là, on ne combat plus vraiment, les ombres s’avancent à nouveau, j’emprunte les lames d’un assassin pour couper en tranche multitudes de créatures dégueulasses, à peine plus détaillées que dans le volet précédent. Et là, je reçois l’aide de la meilleure alliée du monde, une amazone aux javelots foudroyants.
Dans une autre réalité, je l’appelle ma soeur.
Encore une fois, la tour de métal voyage, d’une chambre à l’autre, on dépiaute les circuits imprimés pour comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas, le tout dans le plus grand silence, ne pas alerter les autorités parentales qu’à un âge à peine limite, leur fifille embroche zombies et démons sur fond d’hémoglobine.

Et les histoires muettes que j’ai tissées dans les catacombes du premier opus, je peux les dérouler, elle les comprend, elle ne me trouvera pas bizarre. Au contraire on parle plus, toujours plus, les temples maudits se retrouvent tout cons et perdent leurs dents pour prendre l’air d’un parc d’attraction. Frère et soeur de sang, ajoutez-y une bonne poignée de frère et soeur d’armes, ça forge un alliage sur lequel les années n’ont pas de prise.

Diablo III : Les adieux

Le vieux diable cornu tire sa révérence, moi aussi. Pour la première fois, mon héros était un homme. Comme la première des héroïnes, ses flèches fendaient l’air, comme la seconde, ses poches renfermaient multitude de pièges mortels. La magie, doucement, s’évanouit, tant de mots depuis les histoires de l’Archère Rouge, tant de visages depuis l’Assassin. Les ruines de la vieille Tristram sont pleines de fantômes, et j’ai parcouru tant d’univers, tant de 0 et de 1 pour en arriver là.
Parfois les héros déposent doucement leurs armes sur le pas de la porte. Quand le danger ne menace plus et que la fête bat son plein.

Plan d’ensemble, sur fond de soleil couchant. Trois silhouettes, deux elles, un lui qui deviennent l’horizon. Truc musical à la guitare.

Tant de mondes à découvrir, en et hors de l’écran.

Au revoir Tristram. Merci pour la musique.

Et pour les Diablo de tous les autres.

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