Snowed to the call

Il est 20h22. Quand j’aurais fini d’expliquer (pourquoi toujours expliquer ?), je lancerai la musique. Ça et ça. J’écrirai pendant. Pas avant pas après. Et sans réfléchir parce que sinon ça me paraîtra trop ridicule, je publierai. Je pensais que ça pourrait vous intéresser.

Je n’ai pas l’ombre d’une idée, ça fait un peu peur.

Aujourd’hui je rouille.

Aujourd’hui, après tout, j’abandonne. Je dépose les armes qui me restent et je retourne au début. Ce n’est pas que je n’en puisse plus. De la force j’en ai à revendre. Du courage aussi. Mais je t’ai perdu. Le trop tard m’a rattrapé et bientôt te mordra les talons.

L’arbre de tôle est toujours là. Entre les planches des cabanes Eventrées. Les pillards sont passés. Les pauvres. Ils ne pouvaient soupçonner le vide qu’ils y trouveraient, certains y ont laissé leurs âmes. Ce n’est pas faute de les avoir averti. Mais je n’avais que mes mots de vieille folle. Temps morceaux accidents rituel couloirs dédales sacrifices ça fait des noms. Des formules magiques à la rigueur. Pas des phrases.

Je me penche une dernière fois sur la faille. Nos cris mêlés ont raisonné vingt ans. Aujourd’hui ils s’émoussent c’est ça qui me fait abandonner. J’ai trop exploré ça a usé la magie. Et même si dans chaque époque il reste un bout de moi, ça ne te ramènera pas ici. Au mieux tu grimperas sommet d’une pyramide. Avec les chapeaux ronds ridicules tu sais. Tu essuieras quelques gouttes au front et tu sentiras. J’étais là. Hier, il y a cinq cent trente sept ans. La belle affaire. On ne construit pas des machines qui ramènent à la déchirure des amants. Et crier tout seul n’écorchera plus que la chair. Pas le sablier.

Alors je me blottis. Se blottir c’est renoncer peut-être. Fermer la porte. Jeter la clé. Je suis singulière depuis si longtemps, jamais ne me suis écoutée. J’ai vécu plus fort et mieux que tout le reste de l’humanité. Je t’ai voué tout cela. Voué au néant.

Ne reste plus que la pluie. Elle commence. Elle pervertit. Mes pores s’ouvrent et la mutation opère. Les chairs se bronzent, s’orangent, rougissent. C’est l’automne, je rouille. De magie il n’y a

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