Ombre

Définition : Fanfiction. Une fanfiction est une oeuvre écrite se passant dans un univers fictionnel déjà existant. Si.

Avertissement : L’univers ici traité est celui de Batman. Si vous ne connaissez pas Batman, peut-être serez-vous un peu perdu. D’un autre côté ça n’est pas bien grave.

Elle recule davantage. Autant que le plâtre imbécile des murs le lui permet. Devant elle les visages ne comprennent pas.

« Allons, professeur… »

Les paumes se tendent. Entre les doigts, un petit pot de grès. Dedans, le plus mignon, le plus délicat des rosiers. Juste un bébé.

« – Non. Non s’il vous plaît. Laissez-moi. Je ne veux pas.
– Professeur Isley, expliquez-nous. Les plantes. Vous vous en sortez si bien. Vous vous rappelez le ficus de ma femme ? En deux semaines, vous l’avez fait repartir. »

Elle ferme les yeux. A en saigner des paupières. Si les oreilles pouvaient en faire autant. La voix continue. Apaisante. Rationnelle. Impitoyable.

« – Vous vous souvenez de ce qu’on a dit ? Quand vous sortirez… Ça serait chouette non ? Un petit commerce. Vous, des plantes, les clients… Vous aviez même une idée de nom.
Marmonnements.
– Pardon ?
– « Au lierre empoisonné. »
– Oui. Même qu’on avait dit qu’il faudrait peut-être changer la fin. Alors pourquoi ? Pourquoi d’un coup ? Qu’est-ce qui vous empêche de retourner à l’atelier d’horticulture ? »

L’atelier. Oui. C’est beau là-bas. Lumineux. Avec les arbres qui doucement bruissent. La filtrée du soleil, la lumière n’est pas cruelle là-bas. Pas de néons. L’odeur du terreau sous le tuyau d’arrosage.

Et l’ombre.

Elle presse ses joues, tente de retenir le hurlement. Encore, encore on la dira folle. Folle cette pauvre Pamela Isley ça un professeur laissez-moi rire non mais moi je la connais toute petite déjà elle avait un grain un grain c’est le cas de le dire dirons délire déréliction.

Mais l’ombre l’ombre l’ombre !

***

« – Voilà. Vous y comprenez quelque chose ?
– Rien du tout. Et c’est la contagion qui m’inquiète. Tous les ateliers sont touchés à présent. »

Les médecins marchent côte à côte, échangeant aussi naturellement que dans un salon. Il faut être médecin pour faire ça.

« – Même ceux à l’extérieur de notre établissement ?
– Oui. Vous vous souvenez, ce patient un peu (geste des mains. Deux pinces en l’air)
– Ah. Cobblepot.
– Voilà. Ils acceptaient de le loger à la poissonnerie, sa réinsertion était presque terminée. Ils l’ont retrouvés un beau matin, aussi perturbé qu’à son arrivée à Arkham. Incurable, on a du le remettre en isolement. »

Hululement. La sonnerie appelle, avec elle, un hurlement à briser les vitres blindées. Les deux hommes échangent un regard, sueur sous blouse blanche. Un troupeau de gardiens déboule.

« Vite. Dépêchez-vous. La salle de jeux ! On a besoin de vous ! »

***

Elle est inconsolable. Qu’il était beau, grand et pâle avec son costume un peu froissé. Des yeux fiévreux. Il lui souriait, lui disait de belles choses. Elle se rappelait un peu le avant les médicament et le mot qu’il ne faut pas dire (la DÉ-PRÉ-SSION, Harleen tu as une DÉ-PRÉ-SSION). L’autre jour elle avait ri. Quand il lui avait barbouillé le visage de craie blanche. Elle raconte tout. Parce que peut-être que comme ça, Monsieur J. ira mieux.

« On jouait aux cartes. Il m’apprenait un tour. Un tour facile hein, facile parce que lui il en connaît et de plus compliqués. Mais moi je dois commencer facile. Et puis on l’a vu. On l’a vu à deux, alors je suis pas folle. Enfin si vous pouvez dire que je suis folle. Folle hein, je me vexerai pas. Parce que dépressive, maniaque ou psychotique, c’est beaucoup de syllabes pour pas grand-chose. Mais là j’étais pas folle. On était là bien tranquillement avec nos cartes.
Et là il l’a attrapé. Il l’a tordu dans tous les sens, il l’a jeté. Docteur j’ai peur. Docteur chassez-le ! Chassez l’ombre. S’il vous plaît. »

***

J’existe.

Il y a longtemps qu’ils avaient arrêté de me nourrir. C’était il y a longtemps, avant tous ces gens-là. Alors je n’ai pas eu le choix vous comprenez. Se retirer dans la fiction, c’était un dernier recours. Un sursaut de l’esprit qui asphyxiait. Sous les coups, les électrochocs et l’humiliation. Devenir une ombre. Une sombre bête de la nuit. Et parfois, entraîner dans mon univers de pauvres loques qui n’ont rien demandé. De toutes façons, que pouvaient-elles espérer dans ce monde, hein ? Dans le mien elle seront célèbres. Haïes. Mais célèbres.

Je suis le Chevalier Noir. Mes synapses s’appellent Gotham City.

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