The Man in the Attic – The Doctor and Me

(Voilà un titre ma foi fort fourni en majuscules)
La première image qui me revient lorsque je pense au Dr Who est celle de mon père pleurant de rire devant une rediffusion d’un très vieil épisode de cette vénérable et très très britannique série de Science-Fiction. Il faut avouer qu’un groupe de personnes fuyant en agitant les bras tout partout et poursuivi par des espèces de poubelles roulantes, ça avait de quoi dérider un Horse Guard.
Si des années plus tard, j’ai décidé de me lancer dans cette série qui compte plus de fans que j’eu d’acné en mon jeune temps, c’est pour une raison aussi improbable qu’évidente : sa longévité. Une bonne grosse trentaine de saisons depuis 1963. Oui, un univers fictif qui tient aussi longtemps, ça me fascine. Au delà de toute considération qualitative.
En deux mots, le Docteur est un explorateur. Humain d’apparence seulement. Coincé dans un vaisseau en forme de cabine téléphonique, explore le temps et l’espace. Planètes délirantes de mauvais goût, époques terrestres en carton-pâte, conspirations internationales et contemporaines, rien n’est trop ridicule pour lui ou pour ses compagnons (souvent compagnes) occasionnels. 
Je pourrais évoquer le kitsch assumé des épisodes. Je pourrais évoquer la géniale et simplissime idée de faire passer le rôle d’un acteur à l’autre au fil du temps. Je pourrais même, tiens, parler d’Alex Kingston, ex-égérie d’Urgences que j’ai retrouvé paumée dans un épisode comme une vieille copine. Peut-être un jour.
Mais ce qui me fascine, dans Dr Who, c’est cette propension à nous faire redevenir tous petits. On le lui dit souvent, il est comme « un ami imaginaire ». Et derrière ce fantasme d’enfant, il ramène tous les autres. Les monstres se cachent sous les lits. Les placards mènent vers d’autres mondes. La médecine, parfois, devient folle et le docteur peut nous faire très mal avec ses piqûres. Les insectes nous en veulent, comme on le soupçonnait des années plus tôt dans le jardin.
Qu’importe alors si le scénario n’est pas cohérent, que les tentatives de créer un univers stable se soldent souvent par de l’amertume. Les aventures du Docteur nous enserrent dans la couette lavée du matin. Il n’y a plus de bruit, même si on sait qu’il suffirait de crier pour que, de la pièce à côté, les secours arrivent. Alors on écoute. Les bruits qui se tordent en gémissement, la lumière qui filtre à travers les volets.
Ou bien alors… Alors une autre fois, on monte au grenier. Celui qui craque partout. Celui dans lequel on est sûr que le mannequin n’est jamais deux fois à la même place, que ces boulons-là on appartenu à une Machine. Une Machine mystérieuse.
Et personne pour se moquer. C’est ça que le docteur apporte, avant et malgré tout. Ce tout petit terrain de peur – drogue douce des enfances protégées. Bien sûr les cataclysmes se résorberont, un coup de tournevis sonique et tout rendre dans l’ordre. Mais il y aura eu ce moment où on aura couru, mollets dans les orties, le souffle court, parce qu’on a les Grands aux fesses.
A la tienne, mon nouvel ami imaginaire.
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