Crime et châtiment (ah, c’était un livre avant ?)

(Note : ce billet ne va nulle part. C’est une flânerie de vacances)
Je suis influençable. 
C’est un trait de caractère horripilant et qui nécessitera une thérapie d’une dizaine d’année dès que j’en aurais les moyens. Je suis influençable car, comme tous mes comparses contemporains, je crains le regard d’autrui (et celui des truies) à un point difficilement concevable. Ce qui, lorsqu’on est enseignant, est un handicap lourd. Etant donné qu’on passe une bonne moitié du temps de cours à être méprisé par notre audience, j’aime autant vous dire qu’il m’arrive bien souvent de manquer de tourner de l’oeil. Mon secret ? Le sarcasme. Ca vous force à trouver une réponse appropriée dans la seconde et dissipe le malaise tel un déodorant d’intérieur dissipe les effluves de gastro dans le foyer.
La seule force de caractère dont je fais preuve concerne les jeux vidéos. Je me tamponne le coquillard avec une force qui m’en laissera sans doute des hématomes lorsqu’on lève sur moi un regard gentiment affligé quand j’évoque mes obsessions vidéoludiques. Le ridicule de mon attitude ne m’échappe pas, peu importe. A tout prendre, j’aurais préféré que ma force de caractère se concentre sur un truc un brin plus constructif mais basta. 
Seulement comment faire lorsque même ces contrées de pixels vous rejettent ? 
Je m’explique. 
Jouer c’est souvent incarner. Incarner un protagoniste de pixels et d’idées. Et rendons-nous à l’évidence, l’immense majorité de ces héros ne dépassent pas la vingtaine. A vingt-deux ans, on est un vétéran, à trente ans un vieillard et à quarante une légende. 
Je joue et souvent je me sens un peu perdu, ils font du bruit ces gaminous.
C’est pour ça que j’aime bien Persona 2 : Eternal Punishment. D’abord parce que le nom est stupide.
– Aussi parce que les héros sont des adultes. Et des vrais hein ! Des adultes avec un métier. 
Des adultes sans métier aussi. Parce qu’à force de changer de cursus, ils ont fini par se retrouver coincés dans un job qui les désespère.
– Des adultes qui ne brillent pas particulièrement, professionnellement ou humainement.
– Des adultes qui fument, qui boivent, qui n’éprouvent pas le besoin de s’étendre plus que ça sur leurs motivations.
– Des adultes qui se retrouvent piégés dans un univers où les rumeurs deviennent réalité. Parfois je me demande si c’est vraiment du fantastique.
– Des adultes dont les insécurités, les cauchemars ou les ambitions prennent forme et leurs permettent de se battre. Parfois je me demande si c’est vraiment du fantastique.
Des adultes qui explorent une ville devenue un immense terrain de jeu. Pas de pays lointains ou de château en cristal, la princesse pointe pour une obèse caractérielle.
Des adultes, surtout qui vont recueillir un ado. Perdu, issu d’un épisode précédent de la série. Dans cet épisode l’ado était le héros. Forcément. Tous les personnages étaient ados.
– Des adultes qui avec leurs regrets, leurs fragilités, leur maturité, leurs envies pas tout à fait mortes, vont le prendre en charge cet ado. Le guider dans le labyrinthe des cauchemars.
– Et après une bataille titanesque mais pas si importante que ça lui dire que, finalement, grandir c’est pas mal. Ca aide. 
– Avant de retourner à leur quotidien. Bosser. Se rencontrer.
Traverser la rue et apprendre à regretter.

La seule force de caractère dont je fais preuve concerne les jeux vidéos.

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