Vie et mort du quart d’heure de gloire de votre serviteur

Je devrais arrêter les Sp*ci*l K. Non mais franchement. Ca fait faire des trucs bizarres, dès fois. Par exemple, ça vous pousse à écrire un mail au site de France Inter pour proposer votre participation à l’émission « Un jour tout neuf » qui, comme son nom l’indique, est destinée à un public matinal (ou noctambule), parce que ça passe à frikkin’ five in the morning comme disent les angliches. Cinq heures du matin donc. En y réfléchissant bien, peut-être ces malheureuses céréales n’y sont pour rien (elles ne sont déjà pas foutues de brûler le gras comme c’est promis sur la boîte pour vous transformer en l’Apollon que vous êtes à l’intérieur) et que c’est juste une autre des mes idées à la noix.
Donc bref, je rédige le mail de candidature en question que je m’empresse d’oublier et, le lendemain, surprise, on m’annonce par téléphone que oui je suis génial, oui je suis extraordinaire, oui on me veut la maintenant tout de suite. Ca a beau être évident, ça fait toujours bizarre.
C’est donc ce matin, mercredi 29 septembre, qu’a eu lieu l’émission, en direct s’il vous plaît. Parce que l’on est poli, on remerciera donc T. et E. (qui vous démontrent en douze points que la notion de couple n’est ni ringarde, ni niaise, ni surannée et toute choupimimi) pour leur hébergement, les poilades et les gloses autour de Silent Hill. On remerciera un peu moins leur voisin.
Je m’explique.
Quittant le domicile de T. et E. à 4h30, je me suis glissé avec une discrétion de Sioux vers la sortie… Pour me rendre compte que le portail fermant l’accès aux appartements était verrouillé. Me voilà donc en train d’escalader la grille avec toute l’agilité de Catwoman (mais plutôt version Skinner que Selina Kyle). Malgré un cerveau totalement inopérant, l’acrobatie s’est plutôt bien déroulée, ce qui me laisse à croire que les supers héros sont pour la plupart mort cérébralement. Me voilà donc plus ou moins en une pièce à attendre le taxi que le service audiovisuel public met généreusement à ma disposition.
Et là, c’est le drame.
Je savais certains chauffeurs de taxis parisiens mal lunés, j’ignorais qu’il en existait des sociopathes.
Le type, qui ne daigne pas me décrocher un seul mot, démarre à fond de train dans les ruelles de la capitale, ruelles qui ont l’amusante particularité de toutes déclencher leurs feux rouges quand nous arrivons à leur hauteur. Après une dizaine d’accélérations-pilages sur place, je commence à sentir le Ho-Chi-Min (ou quel que soit le nom du plat vietnamien que j’ai bouffé hier soir) faire de la contestation. Méga-classe, je vais entamer mon allocution au monde civilisé en dégueulant tripes et boyaux.
Histoire d’oublier mes sagas intestinales, je regarde par la fenêtre. A cette heure-là, ça me rappelle Biarritz. Une scène grandeur nature juste prête à être investie par les comédiens. Je me sens d’humeur lyrique et, tel Rastignac, m’adresse à la cité.
« Tu es corrompue jusqu’à l’os en fait, Paris. Même vide, même silencieuse, on ne peut pas te ramener à des proportions humaines. Il faudrait déblayer. Raboter tous tes immeubles de deux étages. Enfin ouvrir les perspectives. Haussmann n’y a pas réussi, moi il me suffit d’un coup d’oeil pour oh malédiction il est en train de LIRE AU VOLANT ! »
Ben oui, indifférent à ma crise de grandiloquence télépathique, mon chauffeur consulte un journal, en gardant distraitement un oeil sur la route.
Dix minutes et trois points de tension plus tard, l’engin me dépose un peu pantelant devant les bureaux de France Inter où je suis accueilli par tout un tas de visages super sympas, quelques grains de sommeil encore au coin des yeux.
Rencontre avec Brigitte P. Un peu perdue dans ses papiers, un tout petit peu bordélique. Ca je m’y attendais, au côté pas si bien huilé que ça de la radio, vue de l’intérieur. Et je ne suis pas déçu. Ca s’agite, court, se pose des questions. Ce doit être les endorphines que sécrètent mes lobes encore out, je trouve tout ça super adorable. Je dois délirer pas mal durant l’émission (j’ai essayé de ne pas trop m’écouter durant le montage que je suis en train de faire).
Une heure qui passe vite, très vite. Thage prend des notes depuis mon épaule, mais reste exemplairement silencieuse.
Brigitte P. me fait visiter deux trois studios avant de me raccompagner, pause clope. Elle m’en aurait proposée une, je l’aurais acceptée je crois. Je rentre artificiel. Je souris. Ca suffit.
(et pour vos oreilles only, l’émission sur joli lecteur. Afin d’éviter que la SACEM ne me pince les fesses, j’ai du retirer les chansons passées… Que les mélomanes et les mélanomes me pardonnent !)

http://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F5664287%3Fsecret_token%3Ds-LMtMv&secret_url=false  Un jour tout neuf 29 sept by Jalk

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2 réflexions sur “Vie et mort du quart d’heure de gloire de votre serviteur

  1. Hugo, mon ami, pourrais-je vous convaincre de faire porter votre voix aux ondes plus souvent ? Quand je me couche aux aurores (vous connaissez mes horaires), j'aimerais tant être bercé par vos pensées qui fourmillent. Vraiment ! c'était exquis.

    Cordialement,
    votre tamanoir.

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