Damages – Saison 3






NB : Note s’adressant en priorité aux ceusses privilégiés ayant eu la chance de voir les deux premières saisons de Damages. Oui, je suis un affreux élitiste. Lynchez-moi.

Damages, c’est une tribune à Glenn Close, à son talent pour incarner le cynisme et la cruauté. Damages, c’est le triomphe du raffinement appliqué à la fiction populaire. Damages, c’est la confirmation de ce « tous pourris »des milieux au pouvoir que l’on devine à travers la fiction. Damages, en fin de compte, c’est facile. Ca ne peut que remporter l’adhésion.

Mais pas toujours.
Damages, c’est aussi la quantité d’efforts déployés pour creuser le personnage de Patty Hewes (Glenn Close, donc) qu’il serait si facile de laisser mariner dans l’archétype. Damages, c’est la construction prudente, pas-à-pas, d’Ellen Parsons (Rose Byrne, que l’on nommera désormais avec respect). Damages, ce sont des saisons tellement disparates que l’on frôle le malaise. Damages, c’est une saison 1 efficace et presque allègre, une saison 2 angoissante et effrénée. Damages, enfin, c’est une saison 3 qui sert doucement à la gorge.
Une saison 3 qui n’a pas eu beaucoup de succès, paraît-il. Surprenant. Un crise financière en toile de fond et des escroqueries aux placements auraient eu de quoi fédérer le public américain. Sur le papier. Parce qu’en fait, dès le premier épisode, on sent confusément que quelque chose n’est pas à sa place. Que ce n’est pas de ça, en fait, dont Patty Hewes va être le témoin, plus que l’actrice. 
Le long de cette nouvelle affaire, on assiste à un long effacement. L’avocate la plus en vue du milieu judiciaire voit se détourner d’elle tout ce qui constituait ses précaires barrières professionnelles et personnelles. Des hallucinations déposées ça et là façon crotte de chien sur le paillasson le confirment. Et pour une fois, ce n’est pas sa faute. Patty, c’est étonnant, n’est pas plus forte que le monde. L’extérieur s’attaque au microcosme Hewes-esque. L’extérieur c’est une famille de magouilleurs incapables d’assumer leurs actes (que tout les comédiens incarnent magistralement), un fils et un mari épris de liberté mais décevants, si décevants. C’est un associé, surtout, qui vole enfin de ses propres ailes et laisse Patty seule, désoeuvrée malgré ses manipulations habituelles et toujours couronnées de succès.
Seule subsiste Ellen, la meilleure ennemie, celle qui a cassé le miroir du mimétisme. Qui affronte la vie avec autant de dureté que son mentor, mais dans ses propres termes. Enfin, ce que l’on pressentait depuis le tout premier épisode, la solitude absolue de ces deux femmes, se dévoile. Et c’est de cet isolement que naît l’angoisse. Depuis le temps que l’on connaît ces deux héroïnes, on se sent obscurément attiré de leur côté. Et l’on assiste au déroulement de toute l’affaire dans une sorte de stupeur dégoûtée, une impuissance complète. Pour la première fois, le filtre de la caméra qui nous dévoile les événements se passant dans un futur qui deviendra présent est modifié. C’est le néon d’un bloc opératoire, l’éclairage d’un microscope. Tout est laid sous son regard, y compris le désespoir de Patty. Comme assourdie après une déflagration. Ca sent la fin du monde, la fiction qui disparaît. Qui n’est plus assurée que par ses deux gardiennes. 
J’espère une suite, des suites à Damages, un long-métrage peut-être. Mais que cette saison-là soit la dernière, que cette Apocalypse ma non troppo pose un point final aux péripéties de Hewes and (Associates ?) serait presque de bon goût. 
Jusqu’à ce que la mémoire si sélective de téléspectateur efface ce dégoût trop bien orchestré. Reset.
– Bande originale :

– In for a kill (Tarja, What Lies Beneath)
Underneath (Tarja, What Lies Beneath)
– Crimson Deep (Tarja, What Lies Beneath)
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