Les gens n’aiment pas rire à Inaba avec Emilie Simon

Ces derniers temps, je suis plutôt heureux. Oui, je sais, dit comme ça, c’est moyennement intéressant. Là où ça devient (un peu) plus palpitant, c’est que cet état d’esprit m’a permis de faire deux constats plutôt intéressants.

1. Le bonheur agresse les autres.

2. La beauté n’est pas uniquement cet apanage de la superficialité, pour qui je n’avais que méfiance jusque là.

Développement du 1 : RER vers Paris du mercredi midi. Remonté comme un coucou suisse. Super séance de travail à G. Des images anarchiques plein la tête, en particulier celle de Chie, la si mal nommée, se lamentant sur l’état de son DVD. En bon geek, je me rejoue l’intégralité de la scène et remarques quelques détails nouveaux, je pouffe. Oh discret, un truc genre « snrk ». Un type placé deux sièges plus loin tourne la tête et me foudroie du regard :

« – Tu te marres ?
– Euh. Oui ?
– Pourquoi tu te marres ?
– Pour rien (mensonge).
– Arrête de te marrer ! T’arrête tout de suite ! »

Scène presque banale à un troublant détail près. Au vu de sa position et même de ce brillantissime échange, je me suis rendu compte que le type n’a pas cru un instant que je me moquais de lui. A la limite, là, j’aurais pu comprendre. Non. Le simple fait de me voir rigoler l’insuportait. J’ai quand même – faut pas déconner – terminé ma scène, mais en mode beaucoup plus autiste.
Le bonheur est donc signe d’agression. Pour le moment, je n’en suis qu’au stade du constat… Mais quand même. Ca me semblait suffisamment surprenant pour être noté.

Développement du 2 : hier à Taratata, était invité Mika, artiste qui ne me fait strictement rien. Pour paraphraser ce grand penseur qu’est Achille Talon, je trouve qu’on n’a jamais vu des chansons aussi pleines de rien. Il s’est cependant fendu d’un petit duo avec Emilie Simon que j’aime énormément, pour rester d’une sobriété qui m’honore et me fait mal aux dents. (La vidéo est à voir en cliquant ici, en allant dans vidéos et en choisissant « Comment te dire adieu »). Cette performance m’enchante. Pas seulement de par sa qualité. Je suis heureux. Heureux de cette simple image de deux beaux jeunes gens qui chantent une belle chanson. Et pour une trop rare fois, je n’ai pas éprouvé, tout au fond du fond, ce petit pincement de jalousie (« et toi ? Que fais-tu pendant ce temps ? 26 ans. Comme toi. »). Un simple moment de beauté. Donné, gratuit. Un truc qui, en un sens, lave de beaucoup de choses. Qui, lorsque c’est trop moche…. reset.

– Bande originale :

– Rainbow ( Emilie Simon, album The Big Machine)
– Nothing to do with you (Emilie Simon, album The Big Machine)
– Le Roi des Ombres (M, album Mister Mystère)

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