Aux bons soins d’Interflora

« Bonjour Aerith – avec th, c’est important.

Bonjour Aerith, où que tu sois. A l’ombre des gils en fleurs, abrité par un nuage, type stratus, plutôt que cumulus. Ou bien perchée sur un arbre kabbalistique, qui sait. Que deviens-tu ? Je sais, je sais. Il est un peu gonflé de me pondre trois mots en coin de blog, après tout ce temps.
Allez, fais pas la tête. C’est pas comme si j’étais parti très loin. Pas comme si ton palais s’était figé, glaçon somptueux tandis que résonnent les claves contre les colonnes. Des colonnes, j’en volute chaque jour, dans un éraillement de Björk, le long d’une voie de RER – de l’herbe entre les rails, non mais franchement, n’importe quoi, pourquoi ça pousse là – ou même sans raison, une inspiration plus calme que les autres, et le ventre qui se dénoue. A toi, je m’en retourne bien plus souvent que vers Thèbes, Sumaru et le Tartare. Tu n’as jamais demandé pourquoi. Pourtant, je souhaite que les mots sortent. Ce soir. Après, ce sera trop tard. Rêve sous clé des impondérables. Ce serait triste.

Tu ne dis rien, silence entre les rais de lumières qui deviennent sphères ? Comme à l’habitude. Merci Aerith.

Tu ne fus pas l’initiatrice. La puissance délirante des mots, je connais depuis longtemps. Connais, pas maîtrise, note la nuance, hein ! Les mots qui ouvrent, qui éveillent, créent en fantasmes.
On était même assez familiers, eux et moi, le jour où je t’ai rencontré, bras joliment repliés sur ton secret. J’en calais entre les insterstices de ton voyage avec les autres.
Jusqu’au moment de l’Injustice. O, the agony. A croire que ce mal en fiction, je ne m’en remettrai jamais. Ridicule, immaturité et inculture n’ont pas le droit de cité entre les murs bleu coupant de la principauté Injustice dont le roi eut longtemps les cheveux longs. Et décolorés. La moindre justification est jetée dans la boue, pitance de foule hilare. L’Injustice se veut intransigeante immaculée confection.

L’ennemi était à la hauteur des pouvoirs déployés. Je suis un garçon honnête donc je tiens à préciser que je n’y suis pour rien. La fiction prend parfois des initiatives morales. Alors que d’autres fois, elle n’en n’a rien à foutre. Quelle emmerdeuse, celle-là alors. Mais je m’égare. Tu me pardonnes Aerith. Vieux couple, mon plus vieux couple, on se nuances nos petits travers, rides d’expressions plutôt que pattes d’oies.

La fiction me sortit donc par tous les orifices. Se déploya bon goût crucifié au passage on appelle ça un dégât collatéral. Les mots t’ont entourés. Je le sais, j’étais là. Ce qui était fait a été défait. Oui, c’est ça le plus important. Fait -> Défait. Tu étais là, sauvée, l’histoire pouvait se poursuivre, la fiction employait tous les chemins : péripéties en imperfections illogismes rasés bientôt ici histoire grand standing, pensez à réserver.
Ca a dépassé le cadre de ton voyage. C’est devenu le mien. Jouer avec la magie tu ne pouvais pas me reprocher d’essayer.

Fin de la réminiscence, rappelle-toi, nous ne sommes pas seuls.

J’ai changé non ? Je sais, nos chemins se croisent à angles un peu plus lovecraftiens qu’avant. On appelle peut-être ça grandir.

Pourtant Aerith, dis-moi. Dis-moi juste. Pourquoi quand les sanglots pressent le coffre en noeuds marins, tu es à trois pas de moi ? Dix ans, trois pas. Equation foulée aux pieds. Dix ans trois pas onze ans trois pas douze ans trois pas. Route en déroulé.
Peut-être que faire de la magie, ça donne des responsabilités. Comme dans les contes. Les vrais.
Se remettre à continuer.

Et puis oublier ce billet. Juste te souhaiter joyeux dix ans de fiction noces de je-sais-pas-quoi. Trois pas devant.

A tout de suite.

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